[Voyage en Mongolie #9] Randonnée équestre dans la vallée de l’Orkhon et dernière soirée autour du feu

Réveil doux et ensoleillé

Ce matin nous nous réveillons avec au programme une randonnée équestre afin d’aller jusqu’aux chutes de l’Orkhon. L’Orkhon est une rivière imposante de la vallée où nous vivons cette aventure, elle lui en donne d’ailleurs son nom. Deux chutes sont sur le chemin parcouru par cette rivière. Nous prenons le temps, avant de partir, de câliner un peu les chèvres et chevaux qui ont dormi non loin de nos yourtes.

Yohanna s'amuse avec des chèvres

Yohanna s’amuse avec des chèvres

Yohanna s'amuse avec des chèvres

Nous nous amusons avec des brébis

Les animaux aussi se réveillent calmement

Les animaux aussi se réveillent calmement

Les chevaux ont dormi à coté de notre yourte

En ouvrant les yeux, certaines veulent notre place

En ouvrant les yeux, certaines veulent notre place

Toujours prêtes à jouer

Nous partons donc à la découverte des fameuses chutes après avoir préparé nos montures. Ce trajet est pour nous l’occasion de profiter de cette dernière journée avec nos chevaux. Les étendues traversées permettent de nous en donner à coeur joie en profitant de fabuleux galops de plusieurs kilomètres. Une véritable aubaine pour toute personne en recherche de sensations fortes, puisque la Mongolie est un des seuls endroits au monde où des galops aussi longs sont rendus possibles.

Je suis un cavalier solitaire (ou à la bourre)

Je suis un cavalier solitaire (ou à la bourre)

Un des rares arbres croisé

Le cavalier sans tête ?

Le cavalier sans tête ?

Jusqu’à présent, nous étions les rois du monde au milieu des immenses steppes mongoles. Mis à part le voisin de pallier d’en face (situé à 5 kilomètres, tout de même), nous n’avions plus l’habitude de croiser du monde en dehors de nos hôtes. Quelle surprise pour nous de découvrir en arrivant devant la grande chute de l’Orkhon une foule impressionnante coiffée de casquettes oranges ! En Mongolie aussi, le gouvernement commence à sensibiliser la population sur la préservation de l’environnement. Ce jour là, tout un convoi d’étudiants en provenance de la capitale s’était donné pour mission de nettoyer les steppes, bien trop souvent souillées par des bouteilles de vokda vides…

Nos hôtes se reposant aux abords de la grande cascade

Nos hôtes se reposant aux abords de la grande cascade

La foule d'étudiants œuvrant pour l'environnement

La foule d’étudiants œuvrant pour l’environnement

La grande Chute de l'Orkhon

La grande Chute de l’Orkhon

Tous ensemble devant la grande Chute de l'Orkhon

Tous ensemble devant la grande Chute de l’Orkhon

Tous veulent profiter de la vue

Tous veulent profiter de la vue

L'Orkhon, rivière qui donne son nom à la vallée

L’Orkhon, rivière qui donne son nom à la vallée

Après avoir profité de la puissante cascade, nous pouvons nous reposer quelques minutes pour déjeuner. Là encore, nous ne sommes pas seuls ! De gigantesques rapaces nous ont repérés et survolent notre tablée de fortune. Un, puis deux, puis bientôt 6 rapaces lorgnaient nos fins de repas. Nous nous sommes beaucoup amusés à lancer quelques restes en l’air et contempler ces grandes envergures plumées se jeter dessus en plein vol.

Pause pour les chevaux

Les rapaces surveillent notre repas

Les rapaces surveillent notre repas (en espérant que ce ne soit pas nous, leur repas)

Nos chevaux patientent

Boldo

Après le repas nous décidons de prolonger notre sortie à cheval, et d’aller jusqu’à la plaine de jeux qui accueille chaque été les grandes fêtes de la vallée. En période estivale, des centaines d’éleveurs se regroupent en ces lieux pour festoyer et organiser de prestigieuses courses. Sur notre chemin, nous croisons une stèle antique datant de plusieurs millénaires, dédiée aux cervidés. Il est coutume de tourner autour lors d’un passage, ce que nous faisons avec amusement.

Nous respectons la coutûme

Nous respectons la coutume, et réalisons des tours de stèle

Nous respectons la coutume, et réalisons des tours de stèle

Nous prenons le chemin du retour jusqu’au camp. Nous aurons, mine de rien, fait plus de 50 kilomètres à cheval aujourd’hui ! Les nombreux galops soutenus auront permis d’encaisser cette longue distance facilement, tout en s’amusant et en faisant le plein d’adrénaline.

Ce soir, c’est notre dernière soirée au camp. Qui dit dernière soirée, dit festivités. Pour festoyer comme il se doit, nous avions besoin d’un élément phare, d’un incontournable mongol : de la vodka. Il faut dire que les mongols ont une descente que j’aimerais pas remonter à pied ! Les stocks vides, nos amis Lucile et Dembe empruntent la moto (toujours sans frein) pour parcourir plusieurs dizaines de kilomètres dans les steppes jusqu’au « bourg » à proximité pour aller chercher quelques litres de breuvage.

Un bon aperçu de notre soirée

Un bon aperçu de notre soirée

Dembe se repose après cette sortie équestre

Dembe se repose après cette sortie équestre

Boldo a aussi mérité son repos !

Boldo a aussi mérité son repos !

Le repas terminé, il est temps pour nous de dire au revoir (adieu?) à nos valeureuses montures, qui auront été impressionnantes de robustesse et de docilité durant cette semaine. Une dernière promenade à cru jusqu’à la rivière, sous le soleil couchant, nous permit de savourer ces derniers instants avec eux.

Petite promenade en fin de journée

Soleil couchant mongolie

Soleil couchant yourte mongolie

Soleil couchant yourte mongolie

Soleil couchant yourte mongolie

De retour avec nos hôtes, tous assis en cercle à la belle étoile, nous nous remémorons les nombreux grands moments de cette expérience mongole. C’est aussi l’occasion de déguster par petites lampées ce doux et goûtu breuvage ethylo-rafiné. Tu peux lire entre les lignes : on s’attaque fort à la vodka 45°, hein. (attention, l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, l’équitation, l’amour propre et le tour de taille)

Entre deux lichées, nos hôtes nous font profiter de leurs talents de chanteurs et entonnent plusieurs chants traditionnels. En Mongolie, les chants font très souvent référence à la famille, aux mères ainsi qu’aux omniprésents équidés, si présents dans le quotidien des nomades mongols. Malheureusement, nous n’avons pas pu leur offrir un aussi beau spectacle à notre tour. Leurs chants étaient si propres, si pures, et si envoûtants que nous nous ne sommes que très peu risqués sur nos chansons françaises : d’une part car nous ne chantons pas aussi bien qu’eux, mais aussi car, mine de rien, avec 3 godets dans la truffe, les paroles commençaient à sévèrement se découdre.

Boldo, le chef de camp, s’était permis de s’absenter quelques minutes (en moto, en pleine nuit, on ne sait trop où d’ailleurs). A son retour, nous apprenons qu’il souhaite nous faire découvrir un alcool de sa fabrication personnelle, comme le font la plupart des éleveurs mongols. Ce n’est pas tout à fait de l’Airag (cet alcool de lait de jument fermenté, si propre à la Mongolie), mais une variante réalisée avec du lait de Yak. C’est pour nous l’occasion de découvrir de nouvelles coutumes.

Apéro mongol

Tout d’abord, la tradition souhaite que ce soit le chef du camp qui serve personnellement chacun de ses invités, un par un. Un premier verre, bien rempli, s’échange. Aucun intermédiaire ne doit se trouver entre celui qui sert et celui est servi : le verre doit être donné personnellement, et récupéré de la main droite. De plus, il est plutôt apprécié de ne pas refuser ce qui nous est proposé, de même que de finir son verre. T’imagines bien que des tasses bien remplies, après l’apéro, ça fait l’effet d’un Mentos dans un verre de coca. Une fois le verre terminé, il est là aussi important de le rendre personnellement, de main à main à la personne qui nous a servi.

Une sacrée expérience

Vient mon tour de goûter. Je réceptionne précautionneusement le récipient : j’ai hâte de goûter ce breuvage que je ne trouverai plus, nul part ailleurs. Yeruult prend tout de même soin de nous prévenir. Même si cette boisson ne semble pas forte, il est prudent de se fixer des limites. Je bois mon verre, d’un coup (2 grosses gorgées, tout de même), et rends la tasse à Boldo, tout en le remerciant chaudement. Décryptons ensemble cette dégustation : je vais tenter de vous décrire cette boisson.

Comment dire. Tu vois une vache ? Bien. Tu vois une pluie (bien forte) ? Bien. Maintenant tu mets la vache sous la pluie. Voilà. Après la pluie, et quelques heures de trempage, tu essores cette même vache, et tu récupères le distillat dans un godet. Et puis… et puis tu bois. Alors ? Ça fait bizarre hein ? Ben voilà, c’est à peu prêt le même goût que la boisson à laquelle nous avons eu droit. Tu crois t’en sortir ? Non, ça c’était la première gorgée. Du premier verre… car une autre tournée pointait déjà le bout de son nez, alors que nous commencions à ne plus voir le bout du notre.

Si gustativement, cette soirée n’est pas sans relever quelques interrogations, le plaisir qu’apportait chaque gorgée, chaque bouchée, chaque paroles, était infiniment comblé, et amplifié par la chaleur de l’immense accueil que nous ont offert ces valeureux cavaliers nomades. Boldo, Dembe, Yeruult, Tuvanna et tout les autres, ces ambassadeurs de la générosité, nous vous remercions.


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2 Responses to “[Voyage en Mongolie #9] Randonnée équestre dans la vallée de l’Orkhon et dernière soirée autour du feu”

  1. Sabine (Voyage Mongolie) 12 février 2014 at 23 h 12 min #

    Super, merci pour ces magnifiques photos et ce récit qui sent… le vécu ! :-)

    • François 13 février 2014 at 16 h 29 min #

      haha ! nous avons essayé de bien retranscrire cette dernière journée dans la famille ! Après, le reste de la soirée : ce qui se passe en Mongolie, reste en Mongolie ! ;)

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