[Voyage en Mongolie #3] Monastère d’Erdene Zuu et alentours de Karakorum, dernière excursion avant la rencontre avec la famille nomade

Après une nuit au chaud grâce à l’hospitalité de nos hôtes qui sont venus dans la nuit rallumer notre poêle, nous prenons le départ pour Karakorum.

Karakorum sur la carte mongole

Karakorum (Kharkhoryn) est l‘ancienne capitale de l’empire Mongol. La ville fut fondée en l’an 1235 par le fils de Gengis Khan, Ogödei. Dès 1260, la capitale Karakorum fut déplacé à Pékin, ancien territoire Mongol, puis détruite en 1388 par l’armée de la dynastie Ming ah ! les cons !. De l’ancienne cité ne restent que les fameuses statues en forme de tortues qui gardaient les entrées des murailles de la ville. Tu vas me dire : « C koi l’rapport entre la Mongolie et les tortues mec ? Y’a pas d’mer à des milliers de kilomètres ici !« . Yep, tu as raison. Sauf que pour les mongols, la tortue représente la longévité (en relation avec la durée de vie d’une tortue, tu vois ? alors tu restes assis et tu continues à lire). Ces statues étaient là pour représenter le grand avenir auquel Karakorum se destinait.

Statue d'une des tortues, seuls vestiges de l'ancienne capitale.

Statue d'une des tortues, seuls vestiges de l'ancienne capitale. Les rubans bleus, sacrés, représentent le Ciel. On en croise très régulièrement.

Pour cette petite journée à Karakorum, nous décidons de nous rendre au monastère d’Erdene Zuu. Durant plusieurs siècles, ce monastère fut le plus important de toute la Mongolie. Il fut construit juste à l’extérieur de l’enceinte des ruines de l’ancienne cité (à coté des tortues de pierre, donc). Les pierres de la défunte capitale servirent à construire ce monastère entouré d’un mur constitué de 108 stupas (sorte de monument aux morts). 108 est un nombre sacré dans la religion bouddhiste.

anecdote : les stupas, construite pour honorer une personne, sont au cœur de polémiques en capitale. En effet, les familles riches construisent des stupas à leurs souhaits. Cependant, autrefois, une stupa était bâtie uniquement pour les personnes ayant réalisé une grande oeuvre durant leur vie, sur l’avis de conseils. Nous pourrions faire un peu l’analogie avec la Légion d’Honneur en France, je pense.

La poignée de l'imposante porte d'entrée du monastère d'Erdene Zuu

La poignée de l'imposante porte d'entrée du monastère d'Erdene Zuu

Monastère de Erdene Zuu

A L'intérieur de l'enceinte du monastère de Erdene Zuu, il ne manque que le ciel bleu !

Un des cotés de l'enceinte, enceinte autour de laquelle 108 stupas sont placés de façon équidistante

Un des cotés de l'enceinte, enceinte autour de laquelle 108 stupas sont placés de façon équidistante

Stupas de l'enceinte du monastère

Stupas de l'enceinte du monastère

Des moulins à prières dans l'enceinte du monastère

Des moulins à prières dans l'enceinte du monastère

Des moulins à prières dans l'enceinte du monastère

Des moulins à prières dans l'enceinte du monastère

Une yourte devant une stupa, dans l'enceinte du monastère

Une yourte devant les stupas, dans l'enceinte du monastère

Un des rares bâtiments toujours debouts malgré les différentes destructions qu'a connu le monastère

Un des rares bâtiments toujours debout malgré les différentes destructions qu'a connu le monastère

On est pas bien là ?

On est pas bien là ?

En 1939, un dirigeant communiste détruisit le monastère lors d’une purge qui entraînât la disparition de centaines de monastères en Mongolie et la mort de plus de 10000 moines. Après la période soviétique, à partir de 1990, ce monastère a été remis aux lamas et Erdene Zuu est redevenu un lieu de culte. Aujourd’hui, Erdene Zuu reste un monastère bouddhiste actif, mais est aussi un musée ouverts aux touristes (pour notre plus grand plaisir).

Durant notre visite, nous avons eu la chance d’assister à l’appel de la prière lancée par deux jeunes moines soufflant dans un instrument dont j’ignore le nom. Une quinzaine de jeunes moines s’est alors empressée de se rendre devant la salle de prière, avant que nous décidions de les laisser s’adonner à leur rassemblement.

Moines en direction de la salle de prière

Moines en direction de la salle de prière

Jeunes moines chargés de l'appel pour la séance de prière

Jeunes moines chargés de l'appel pour la séance de prière

Jeune moine en apprentissage au monastère d'Erdene Zuu

Jeune moine en apprentissage au monastère d'Erdene Zuu

Nous prenons la route pour le marché de Karakorum, le lieu où se ravitaillent les éleveurs locaux. Des nombreux conteneurs placés côte à côte, laissent apparaître une fois ouverts une multitude de produits diverses : aliments (viande, légumes, fromages), équipement équestre  en quantité, vêtements mais aussi toute sorte de pièces nécessaires à la fabrication des yourtes (piliers centraux, barres constituant la toiture, etc…). Nous profitons de cette halte pour nous ravitailler en tabac et en vodka, cadeaux que les éleveurs (entre autre *sourire*) apprécient, compte tenu de la difficulté qu’ils ont à s’en procurer dans leur isolement au milieu des steppes. La cartouche de cigarette nous revient à 6€ (c’est donné hein?), de même qu’une bouteille de vodka.

Mongols en tenue traditionnelle : la dell

Au marché, mongols en tenue traditionnelle : la Dell

Aux alentours du marché de Karakorum

Aux alentours du marché de Karakorum

Un rassemblement attire notre attention : un espace de billards en plein air est installé, et de nombreuses personnes sont présentes. Les marchés semblent un lieu propice à l’installation de ces tables de jeux.

Sur le marché de Karakorum, les mongols aiment se donner rendez vous autour de nombreuses tables de billard en plein air.

Sur le marché de Karakorum, les mongols aiment se donner rendez vous autour de nombreuses tables de billard en plein air, sur fond de conteneurs.

Billards du marché de Karakorum

Billards du marché de Karakorum

Après le bref passage par le marché, nous prenons la route pour la centaine de kilomètres de pistes qui nous attend. Sur cette distance (qui demande pas moins de 3 heures de route, et autant de pauses pipi, compte-tenu de la piste), nous avons la chance de contempler des paysages incroyables : la vallée de l’Orkhon. Nous surplombons de grandes steppes, mais aussi l’Orkhon au pied de grandes falaises. Ce trajet nous permet de rencontrer les premiers troupeaux de yacks… je n’en avais encore jamais vu de mes propres yeux (Mme Chartoux, ma prof de math, ça ne compte pas).

Immensité des steppes sur les bords de l'Orkhon

Immensité des steppes sur les bords de l'Orkhon

Proche de la rivère d'Orkhon

Proche de la rivère d'Orkhon

Immensité des steppes sur les bords de l'Orkhon

Immensité des steppes sur les bords de l'Orkhon, on retrouve des foulards bleus autours des mélèzes

Immensité des steppes sur les bords de l'Orkhon

Immensité des steppes sur les bords de l'Orkhon

Immensité des steppes sur les bords de l'Orkhon

Immensité des steppes sur les bords de l'Orkhon

Surplombant la rivière, noire, de l'Orkhon

Surplombant la rivière, noire, de l'Orkhon

Il est heure, nous arrivons enfin chez la famille de nomade qui nous accueillera pour une semaine. Dès le prochain article, je me ferai un plaisir de te les présenter. Nous commencerons une série de billets sur leurs coutumes, leur mode de vie et les différentes anecdotes qui nous ont mené à une semaine forte et de dépaysement total.


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3 Responses to “[Voyage en Mongolie #3] Monastère d’Erdene Zuu et alentours de Karakorum, dernière excursion avant la rencontre avec la famille nomade”

  1. Sabine (Randocheval Mongolie) 21 mai 2013 at 13 h 01 min #

    Bravo pour ce carnet de voyage plein d’humour !

    Pour info, l’instrument de musique dans lequel soufflent les moines est une conque, faite à partir du coquillage du même nom.

    Dans le bouddhisme, la conque est le symbole de la voix du Bouddha, et en Mongolie, étant donné l’éloignement de tout océan, cet objet n’a que plus de valeur.

  2. Anthony 22 mai 2013 at 14 h 18 min #

    Et à part passer vos journées à l’arrière d’une camionnette vous avez fait quelque chose ? :)

  3. François 22 mai 2013 at 14 h 57 min #

    haha, c’est sur que le transport est une partie du voyage à lui tout seul ! mais pas forcément déplaisant ! c’est ludique d’être secoué dans tous les sens, et puis y’a des choses à voir de partout !

    Aussi, les premiers récits sont sur des étapes où on se déplacent, les prochains seront sur la vie au camp ;)

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