[Voyage en Mongolie #1] Premier passage par la capitale, Oulan Bator.

Prélude

Pour l’anecdote, il était au départ question de faire un beau voyage dans la ville de New York, vivre pendant un temps l’expérience américaine, ses gratte-ciels, son mode de vie et bouffer un max de burgers, l’american way of life quoi… et puis, finalement… changement complet de cap. En recherche d’authenticité et de découvertes, il était désormais question de vivre une aventure, et de se séparer pour un temps de cette culture occidentale et de sanitaires, pour miser sur une échappée orientée rencontres et découverte d’un mode de vie jusqu’alors totalement inconnu.

Il m’était indiqué avant mon départ que la pratique équestre faisait partie intégrante de la vie des éleveurs mongoles. Pendant 3 mois, je me suis entraîné à l’équitation, afin d’être à l’aise aux trois allures, pas, trot et galop, comme recommandé. Sans déconner, c’était pas gagné : sur un cheval, il y 3 mois, j’étais autant à l’aise qu’une prostituée à l’église. Bref, avec la précieuse aide de cavalières aguerries et après moulte soirées très fraîches à s’entrain… à essayer de ne pas tomber du canasson, il était l’heure de préparer les bagages et de partir à l’aventure.

Ceci est le récit d’une quinzaine de jours dans le pays de Genghis Khan, mes ressentis et mes expériences. J’espère d’avance que tu m’excuseras quant à l’ingénuité de mes propos : l’Asie m’était totalement étrangère, la vie des cavaliers mongoles encore plus, probablement que certaines de mes impressions et perceptions seront mal retranscrites, et que mon ignorance masquée sous une volontaire légèreté de rédaction te fera parvenir au moins une partie de l’immense quantité d’émotions que ce voyage m’a apporté.

Première journée à Oulan Bator, la capitale.

Après 14h de trajet (Lyon – Istanbul – Bichkek – Oulan Bator) (et 6heures de décalage horaire), il est enfin temps d’arriver sur l’incontournable passage par la capitale mongole. En effet, Oulan Bator (Ulaanbaatar) possède le seul aéroport international du pays. Avant d’atterrir, nous pouvons déjà contempler l’immensité vallonnée des steppes mongoles, de couleur marron au mois de mai.

Survol à l'arrivée en Mongolie

Survol à l'arrivée en Mongolie

Aeroport Oulan Bator

Façade de l'aéroport d'Oulan Bator, légitime référence à Ghinggis Khaan.

La ville d’Oulan Bator s’étend sur une vingtaine de kilomètres, plus d’un million d’habitants y habite, c’est à dire plus du tiers de la population globale du pays ! UB, comme surnommée par les mongoles, est associée à quelques idées pas forcément flatteuses. En effet, UB est souvent décrite comme la capitale la plus froide du monde (avec -38°C en janvier, j’pense pouvoir avancer que le beach volley n’est pas le sport national), mais aussi comme la capitale la plus moche du monde… Pour continuer sur les choses qui fâchent, Oulan Bator est classée seconde ville la plus polluée au monde.

De part nos premières impressions, on dirait que cette ville n’est qu’une immense zone de bricolage, où rien n’est terminé : clôtures approximatives, câblage électrique chaotique, routes délicates, beaucoup de tas de terres et poussière omniprésente. Cependant, la Mongolie possède un très haut taux de croissance ( > 17% en 2011), la ville qui semble être bancale est aussi en chantier aux quatre coins : barres d’immeubles, commerces, infrastructures. En 2011, l’exode rural qui dépeuple les steppes à poussé vers la capitale plus de 500 000 (!!) personnes, on comprend pourquoi la ville semble débordée.

quartier d'Oulan Bator

quartier d'Oulan Bator

quartier d'Oulan Bator

quartier d'Oulan Bator

quartier d'Oulan Bator

quartier d'Oulan Bator

Les infrastructures routières, elles, sont assez difficiles pour nous, européens. Il faut savoir que le réseau routier est à l’origine conçu pour subvenir aux besoins de 300 000 habitants (pour plus d’1 million d’habitants !). On comprend mieux les embouteillages monstres que rencontrent les habitants de cette ville quotidiennement. Dans notre petit fourgon qui est venu nous récupérer à l’aéroport, nous pouvons constater que la conduite en périphérie ferait même pâlir un taxi marseillais : nids de poules, obstacles, dépassements hasardeux. Dans cette masse, pour exister, il faut klaxonner. En Mongolie, nous roulons (normalement) à droite, bien qu’un tiers des véhicule ait le volant à droite, qu’un autre tiers ait le volant à gauche. Pour le dernier tiers des véhicules, au vue de la conduite incertaine, je n’ai pas réussi à déterminer s’il y avait même présence d’un volant. Mise à part un centre ville plus « occidental » avec présence de grandes enseignes multinationales, la capitale reste un vaste territoire bétonné (souvenirs de l’époque soviétique) d’une part, et de cahutes de bois et de taules d’autre part, toujours enchevêtré de câblage électrique douteux.

Le monastère de Gandan

Après un rapide passage à l’hôtel, admis comme bon établissement en capitale (mais où la présence d’eau chaude reste incertaine), nous retirons un peu d’argent (rappel : 1 MNT = 0.0005 EUR), et nous nous dirigeons vers le monastère bouddhiste de Gandantegchinlin (construit en 1809) du style tibétain (son nom signifie en tibétain « la Grande place de la Joie complète« ). Plusieurs centaines de moines y résident encore actuellement.

Monastère de Gandan

Monastère de Gandan

Monastère de Gandan

Monastère de Gandan

Monastère de Gandan

Moines devant une partie du monastère de Gandan

Monastère de Gandan

Monastère de Gandan

Monastère de Gandan

Monastère de Gandan

Moulin à priéres

Des prières rédigées sur des bandes de papier sont enroulées à l'intérieur. Il est d'usage de faire tourner les moulins pour demander à ce que la prière enroulée à l'intérieur soit exhaussée.

A l’intérieur, une statue de 26,5m de haut y est présente. Cette statue géante faite de cuivre avait été érigée en 1911 puis démantelée en 1937 par les troupes soviétiques (les morceaux auraient été utilisés pour faire des munitions lors du siège de Leningrad). A la chute des régimes communistes, elle fut de nouveau construite (en 1996) avec l’aide de dons d’or provenant du Népal ainsi que du Japon. Cette statue ornée d’or et de 2286 pierres précieuses pèse plus de 20 tonnes et est recouverte de près de 100kg de vêtements en soie.

Grande statue de 26,5 m de haut, ornée de pierres précieuses et de vêtements de soie

Grande statue de 26,5 m de haut, ornée de pierres précieuses et de vêtements de soie

Statue de la représentation d'un bouddha à l'intérieur du monastère

Statue de la représentation d'un bouddha à l'intérieur du monastère

Représentation de chants et danses traditionnelles.

En fin d’après midi, nous avons eu la chance d’assister à une représentation des différents chants et danses traditionnelles mongoles, et en particulier l’étonnant Khuumii. Le Khuumi est un chant traditionnel dit « diphonique »,  nos oreilles d’européens n’ont pas l’habitude d’entendre ces sonorités surprenantes. En effet, le chanteur de Khuumii est capable d’émettre simultanément plusieurs voix : création d’un bourdonnement sur lequel se placent des harmoniques (jusqu’à plus de 40) grâce à un subtile positionnement des lèvres ou de la langue. T’imagines notre étonnement (et c’est peu dire) quand le chanteur à rajouté à ses deux voix une guimbarde à ses lèvres pour rajouter une troisième mélodie… Pas étonnant que les chants diphoniques soient inscrits au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO depuis 2010. Après avoir profité de ces interprétations fascinantes (chants, tenues, danses, prestation contorsionniste), il était l’heure d’aller manger, et se reposer pour la grosse deuxième journée sur les terres mongoles qui nous attendait.

NOTE : Ceci est le récit de la première journée passée en Mongolie. Lors de ce périple, nous avons passé deux jours à Oulan Bator, une en début de séjour, et une en fin. Dans le soucis de respecter un certain ordre chronologique de ce voyage, où une grande étape de vie avec une famille de cavalier mongole sera contée, la deuxième journée en capitale sera racontée dans un prochain article, très bientôt publié.


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2 Responses to “[Voyage en Mongolie #1] Premier passage par la capitale, Oulan Bator.”

  1. Lucille 30 mars 2016 at 11 h 54 min #

    Bonjour,

    Nous sommes deux étudiantes qui montons un projet d’étude portant sur la méditation et ses effets thérapeutiques. Nous souhaitons partir à la rencontre de moines et de citoyens pratiquants afin de récolter des témoignages, et nous aimerions beaucoup pouvoir le faire en Mongolie. Vos aventures semblent avoir été très enrichissantes et nous mettent l’eau à la bouche ! C’est pourquoi nous aimerions échanger avec vous sur ce pays et ses coutumes afin d’en savoir un peu plus sur ce qui nous attend et de préparer au mieux notre voyage.

    Merci de votre réponse et bonne journée,

    Lucille

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