Etre supporter de l’Olympique Lyonnais en 2012, c’est pas toujours facile.

C’était inévitable, autant qu’une expulsion de Dejan Lovren en ligue des champions. Il fallait que je parle de cette passion qui m’anime depuis de nombreuses années : l’Olympique Lyonnais. Chaque weekend, c’est l’habituel rituel, avec ces émotions si singulières que nous procure le football dans nos coeurs et nos chaumières.

En tout fervent abonné au stade que je suis, j’ai aussi droit à toute la panoplie du supporter : savourer une victoire si rare soit elle de son équipe, manger une bière et boire un burger entre potes, et bien sur l’évidente dispute conjugale hebdomadaire car rentrer tard, bourré, un dimanche soir, en chantant des obscénités, c’est mal. et pourtant Govou et Wiltord s’en sortent pas si mal dans la vie.

Indiscutablement, le football est une formidable source de sensation, quel que soit le résultat de son équipe : il existe toujours une façon de gueuler irrationnellement des absurdités. En cette fin de saison trépidante, les émotions procurées par notre équipe ont été encore plus intenses, en raison l’enjeu des matchs qui a considérablement augmenté, et du pourcentage de passe réussie par Aly Cissokho qui lui n’a pas augmenté du tout mais alors pas du tout.

La question se pose vraiment pour tous le monde...

En cette fin de saison donc, l’été approche, et on commence à se faire à l’idée qu’on va avoir une pénurie de foot jusqu’à la saison prochaine (j’ai bien pensé qu’il y avait l’euro 2012, mais avec les cafetières qu’on se tape, je préfère dire qu’on aura pas de foot digne de ce nom cet été). Pas de foot pendant 3 mois, pour un supporter, c’est vraiment difficile à vivre. J’eu bien voulu un été me faire l’intégrale des hors jeu de Briand, mais vu que j’aime bien finir les choses que je commence et que la trêve ne dure que 3 mois, j’ai vite abandonné l’idée. J’avais le choix, soit me mettre aux analyses de Pierre Menès, soit savourer ces quelques derniers matchs dans l’enceinte de Gerland. Etant donné que Google me redirige vers une erreur 404 lorsque les mots « Pierre Menès » et « Analyse sportive » sont dans la même requête, je me suis rabattu sur ma faculté à retenir et à mémoriser ce que je vivais de mes propres yeux. C’est donc avec cette joviale et incompressible envie de spectacle que je me suis dirigé vers le Stade de Gerland ce soir du 20 mai 2012.

A peine arrivé, on se rend compte que nous sommes tous plus ou moins décontractés pour ce match sans réel enjeu. Oui, tous, même les vigiles qui sont censés te tripoter méticuleusement, partout, dans le but de trouver sur toi tout objet dangereux assimilable à des outils de torture ou de barbarie (comme un bouchon de bouteille par exemple). Après une fouille intégrale de ma main, je pouvais entrer dans le saint stade.

Alors là, petite parenthèse, il faut savoir que les clubs de supporter reçoivent des mises en demeure ainsi que des avertissements judiciaires, qui indiquent que chaque fumigène ou autre pétard utilisé en tribune provoquera des amendes et punitions à charge de l’équipe qui accueille. A Marseille, on a déjà compris l’astuce pour éviter des amendes de ce type là : l’Olympique de Marseille ne marque plus aucun but. Avec cette méthode : plus de fumigène, plus de pétard et même plus de supporter. M’enfin, à l’OL, on pensait qu’on avait un staff suffisamment intelligent pour embaucher des stadiers plus actif que des paraplégiques coulés dans du béton. Comme à chaque match, j’aurai pu rentrer avec plus de plastique que ce qu’il y a dans les seins de Victoria Silvstedt, et presque autant de torche à flamme rouge qu’une manif enseignante.

 


what if...


Arrivé dans le stade, la bonne ambiance habituelle, chacun peut s’adonner à toutes ses déviances : crier des insultes, fumer des roulées ou même pour les plus fous, acheter de la bière sans alcool à la buvette. On peut s’amuser à lancer des chants, que les 5000 abonnés du virage reprendront. Tu veux toi aussi devenir lanceur de chants, et vivre cette aventure en braillant comme un sourd ? Alors voilà la procédure à suivre. Lancer des chants, c’est facile. Il suffit de suivre un match d’un championnat étranger, retenir vaguement la mélodie, et le reprendre avec le nom de son club dedans. Note : si le nombre de syllabes ne colle pas avec celui d’origine, il suffit de meubler avec des « ohouho » et « lalala ». Voilà. Jusque là cette méthode à fait ces preuves, c’est d’ailleurs pour ça qu’on se retrouver avec 7 versions de « qui ne saute pas n’est pas Lyonnais/Lensois/Marseillais/Creatif », ou bien la fameuse Olympico qu’on retrouve un peu partout en Europe, pour le plus grand plaisir des vendeurs de boules Quies.

 


 

En Grèce, ou à Lyon je sais plus.  De toute mannière c’est la même chose. (tu as une autre version ici si ça t’intéresse)

hmmm...

Revenons aux vigiles, qui sont finement placés en embuscade dans les tribunes, subtilement dissimulés dans la foule. Indissociables des supporters lambdas grâce à leurs maillots jaunes fluos, parfaites répliques/contrefaçons du maillot Europe/Third d’il y a quelques années (qui d’ailleurs est selon moi la raison dominante du départ de Benzema l’année suivante, ainsi que de la baisse significative de l’acuité visuelle chez les joueurs de l’olympique Lyonnais). En plus d’être embusqués, ils jouent à fond le jeu de la dissimulation puisque c’est peut être eux qui suivent le plus attentivement le match. Dernièrement, Lyon-Nice, je suis directement impliqué dans une bagarre, 15 mecs qui foncent, j’ai vraiment eu peur… m’enfin on a quand même bien défoncé notre cible, même si elle se bâtait bien pour une mineure.J’en suis tout de même ressorti un peu accroché, je manie pas encore trop bien l’Opinel.

Good guy Greg

Plus sérieusement, des fumigènes qui avait eu la chance de passer les redoutables barrages douaniers ont été allumés sous mes pieds, on applaudie le professionnalisme de nos amis vigiles, puisque même dans la dispersion et le brouillard, sont restés impassibles devant le spectacle du terrain. Sur le terrain, justement, c’est comme d’habitude, de l’envie, du coup de rein, de la vivacité. Mais c’est surtout la mi-temps… C’est donc après la fin de la pause et le départ des jardiniers que nos joueurs pouvaient revenir pour entamer le deuxième acte.

Pour animer l’assos’ de supporters, le club nous autorise à installer du matériel sono, afin d’utiliser un micro pour communiquer au virage entier les informations importantes de la rencontre, comme les tarifs des déplacements à venir, les numéros de la carte bancaire retrouvée qu’a perdu un pingouin de la tribune, ou bien le nom du prochain mec qu’on va siffler/insulter copieusement, mais cordialement. Aussi, parfois il arrive que le matériel HiFi rencontre des problèmes d’interférences. Lors du dernier match par exemple, nous nous sommes retrouvés avec la sortie micro de la tribune Famille. Pas trop gênant, au final nous sommes des grands enfants… J’espère juste que les ondes ne se sont pas inversées : pas sur qu’en tribune famille on apprécie le fait d’apprendre aux enfants des nouveaux mots pour décrire les attitudes des mamans de joueurs adverses.


bad luck...


Après une fin de match pas étonnante, voire habituelle, c’est à dire dans la défaite, on pouvait ce soir là profiter des spectacles de fin de saison : les feux d’artifices tirés depuis la pelouse. Ici encore, le staff de l’Olympique Lyonnais à fait dans le professionnalisme puisqu’ils ont embauché les cadors des effets pyrotechniques, des cerveaux du 21e siècles, qui nous ont offert un magnifique feu d’artifice… vert. Oui, vert, comme la couleur emblématique de l’historique rival des Lyonnais, les Stéphanois. On peut comprendre que Gourcuff ait coûté cher, que les maillots 3D se vendent déjà aux rabais, et que nous sommes en Europa League la saison prochaine. Mais prendre des intérims dans un pack Sécurité/Spectacle Pyrotechnique pour exposer la force de frappe Lyonnaise, c’était pas très pro…

Et pourtant, avec toutes ces péripéties, chaque année, nous revenons. Nous revenons avec toujours autant de plaisir à faire ressortir notre coté beauf, pour savourer ces moments hebdomadaires où hurler, se défouler, et une obligation. Et ça, c’est uniquement lors des rencontres sportives, comme à celle de l’Olympique Lyonnais.

François Deléglise.


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