J’ai testé l’Enduro des 3 Vallées

En tout bon enfant de la montagne, j’ai grandi sans électricité aux pieds des remonte-pentes. Ouep, à Serre-chevalier, on nous met très petits sur des skis. Dès l’école primaire, les cours d’éducation sportive : c’est de la glisse ! Etant un d’ces gars qui naissent avec du génépi dans l’sang, tu te dis probablement 3 choses : la première, que je suis probablement high level rider, la seconde, que je suis sans doute un rustre qui ne craint ni la douleur ni la peur ni les facteurs, et enfin, que j’ai un appétit féroce quand on parle de tartiflette bien lourde. Ben dis toi que t’es pas si mauvais car une de tes hypothèses est juste. Partant de ce constat là, tu te dois te douter, et à juste raison, que j’claquais du fessier à l’idée de participer à cet Enduro des 3 Vallées, ce weekend du 7 avril 2012.

Avant la bataille, en pleine forme.

Qu’est ce que l’Enduro ? L’Enduro est une compétition sportive à haut risque, où les meilleurs riders du monde (et surtout les plus téméraires) viennent montrer qu’ils en ont dans l’pantalon. Les skieurs les plus émérites (genre 3e étoile!) viennent se mesurer sur les pentes vertigineuses  des 3 vallées. Dix épreuves étaient placées sur l’ensemble du domaine, sur les stations de Méribel, Val Thorens, Les Ménuires ainsi que sur Courchevel. 10 épreuves toutes plus difficiles les unes que les autres étaient au programme : border cross, big air, super G, schuss et autres pistes rouges. Avec des fois même, du verglas !

2 des membres clés de l'équipe.

Pour participer à ces épreuves, nous devions former des équipes composées de 3 personnes. C’est donc avec ma rédactrice en chef et son papa que nous montâmes l’équipe à l’intitulé, je l’accorde provocateur, du « Gang des Lyonnais ». Aucun d’entre nous n’avait moins de 14ans, ce qui nous empêchait de participer dans la catégorie Famille. Par chance, celà nous évitait, de fait, de subir l’humiliation de se faire torpiller par des minots de 11 ans et aussi que j’aille en prison.

Pour des sportifs comme nous, se lever tôt n’était que routine. C’est donc après un 3e report de réveil que nous nous levâmes pour entamer le petit déjeuner de vainqueur. A 9h du matin, prêts à en découdre, nous partîmes à l’assaut des médailles et autres victuailles.

Le capitaine d'équipe

Rapidement sur les lieux de la première épreuve, vers 11h30 après plus de 2h de décryptage du plan des pistes, et avec une folle envie de faire pipi, nous nous préparions mentalement afin d’affronter les autres participants qui comme nous avaient la rage de vaincre et envie de faire pipi. Après 30 minutes de préparation mentale et de contraction de vessie, le « GO » du skiman nous annonçait le départ. Ce n’est qu’après ma première chute que j’ai entamé ma meilleure glisse, un dérapage magnifique, qui m’a permis de ne rater aucune porte et de n’arriver qu’une dizaine de seconde derrière mes coéquipiers qui ma foi avait décidé de faire dans le social en me prenant dans leur équipe.

Arrivés sur les lieux de la seconde étape : le bonheur. Le ravitaillement était désormais ouvert et proposé aux vaillants participants. Beaufort, jambon, chocolats et autres mets savoyards étaient en libre disposition. J’y ai vu un formidable moyen de prendre l’ascendant sur mes adversaires. Ma stratégie était finement mise au point sur 2 axes principaux : le premier était de tout ingurgiter afin d’affamer mes concurrents, le second de gagner un maximum en inertie. Après un copieux et goûtu repas, mais copieux, nous pouvions repartir avec un potentiel énergétique sans faille.

l'épreuve la plus simple : le ravitaillement.

Après avoir vaillamment achevé 5 des 10 étapes, il nous restait à nous diriger vers Courchevel où se déroulait les dernières épreuves dont le fameux Big Air, épreuve maîtresse, sur laquelle je souhaitais briller, de qui plus est celle qui m’était prédestinée. Heureusement pour nos concurrents, mes cuisses n’ont plus 25 ans, et les 5h30 de glisse intense ont eu raison d’elles. En gros, j’étais cuit. Tel un Brandao un soir de match, je rentrais les oreilles baissées. Les buts du dos ne rapportant aucun point dans cet Enduro, je n’avais plus aucune chance de pouvoir terminer une épreuve dignement. Tel un Brandao un soir de sortie en boîte, je rentrais la queue entre les jambes. C’est donc exténué, mais ravi, que mes cuisses, mes bras, et moi rentrions au bercail. Mes coéquipiers, eux, rentraient ravis aussi.

moi même, en train de choir de fatigue.

Nous portions le maillot numéroté 205, ce « sacré numéro » représentait pas mal l’équipe : un fort potentiel, beaucoup de puissance à l’avant, un peu moins à l’arrière. La saison d’hiver s’achève donc pour moi et mes cuisses, et signe une longue période estivale d’entraînement pour essayer de faire mieux la saison prochaine…. où au moins finir toutes les épreuves.

Sinon, si jamais vous trouvez une rotule, probablement égarée entre la porte 3 et la porte 4 du border cross, pensez à me le signaler, et a noter quand même que je n’ai pas forcément peur des facteurs sauf des barbus.

 

 


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One Response to “J’ai testé l’Enduro des 3 Vallées”

  1. Simon 16 avril 2012 at 12 h 01 min #

    Peut être concurrent l’année prochaine ;)

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